© Henri Pornon

Collecte et compilation des sites

 

Plusieurs modes de collecte ont été combinés :

  • Exploitation d’ouvrages publiant des inventaires de sites (on trouvera dans la bibliographie la liste des ouvrages utilisés : deux présentent un intérêt particulier : « Les sanctuaires du monde » (direction : Matthieu Grimperet, Robert Laffont, 2014) et « 1000 lieux sacrés » de Christoph Engels (HF Ullmann, 2010). Ils comportent des inventaires de sites essentiels situés dans le monde entier. Les sites ne sont pas géolocalisés, mais on peut très facilement retrouver leur géolocalisation par des recherches dans Google Earth, Google Maps, Open Street Map et en France, dans le Géoportail IGN.
  • Recherche directe dans Google Earth, Google Maps ou Open Street Map : pour compléter mes inventaires sur des secteurs particuliers, j’ai passé en revue les photographies aériennes de Google Earth ou la cartographie d’OSM.
  • Dans la plupart des cas, ces premiers inventaires ont été complétés et corrigés par des visites sur le terrain, des relevés GPS et la comparaison avec des cartes locales ou des plans de villes (en particulier à Angkor, Bagan, Lyon, Paris, Rome). Ainsi, la visite exhaustive des temples d’Angkor au Cambodge et de Bagan en Birmanie m’a permis de compléter, préciser et aussi hiérarchiser les sites. Ce même travail a été effectué sur Rome, Paris et Lyon.

 

Malgré le soin apporté à la géolocalisation des sites, des erreurs et des omissions peuvent subsister : le contrôle très complet que j'ai effectué sur Paris entre 2017 et 2018 m'a montré que les sites sacrés ne sont pas éternels. Des chapelles peuvent disparaître à l’occasion d’un aménagement important sur un îlot. Certains lieux de culte sont d’ailleurs situés dans des immeubles modernes et j'ai  pris le parti de les référencer sur Paris après avoir vérifié leur existence.

Géolocalisation des sites

 

Tous les sites ont été géo-localisés sous forme de points : pour la plupart des monuments, cela ne pose pas de problème dans la mesure où il s’agit de sites d’une dimension limitée à l’échelle géographique (églises, mosquées, temples…) et où le territoire étudié est une ville, une agglomération ou une région. Dans la mesure du possible, le point a été créé à la croisée du transept des églises, ou au centre du monument (qui est parfois identifiable). La représentation ponctuelle pose cependant problème pour quelques sites sacrés : ainsi, la Vallée Sacrée des Incas (Pérou) devrait être représentée par une géométrie linéaire et le lac El Dorado de Guatavita (Colombie) devrait être  représenté par une géométrie surfacique. Fort heureusement, ces sites sont peu nombreux et ne sont pas impliqués dans des configurations géographiques multi-sites.

 

Afin de limiter les déformations liées aux systèmes de projection, tous les points ont été géo-localisés en coordonnées géographiques (latitude, longitude en WGS84, EPGS 4326). Cela permet de les utiliser dans le calcul de grands alignements, qui sont alors traités comme des arcs de l’ellipsoïde. On peut ensuite, localement, afficher ces points dans un système de coordonnées rectangulaire pertinent pour la ville ou le territoire considéré. Les sites sont stockés sous forme de fichiers de points au format SHP (format utilisé par le système d’information géographique QGIS utilisé pour mes investigations).

Précision géométrique de la géolocalisation

 

Suivant le mode de géolocalisation, on peut estimer la précision géométrique de ces points à environ un mètre, voire quelques mètres (cas d’une église géolocalisée par l’axe de son transept dans Google Earth ou à partir d’Open Street Map, ou d’un relevé GPS effectué dans de bonnes conditions) à quelques dizaines de mètres (géolocalisation plus sommaire), mais parfois de quelques centaines de mètres (quand un site existant n’apparaît pas sur un des fonds cartographiques utilisés).

 

Si dans la plupart des cas, le point est à l’intérieur du polygone matérialisant le bâtiment, une précision décamétrique semble réaliste. Dans quelques cas, la géolocalisation peut être beaucoup plus approximative, en particulier quand elle a été déduite de la localisation de photographies, le site étant lui-même invisible dans l’application informatique. Le choix du point n’est d’ailleurs pas toujours facile. Sur les photographies aériennes, l’architecture du bâtiment est identifiable et on peut localiser le point à la croisée du transept des églises, à l’axe de la coupole ou au minaret quand il est identifiable pour les mosquées, à l’axe du stupa ou de la pagode pour les temples bouddhistes. Il s’agit de monuments dont la dimension peut atteindre plusieurs dizaines, voire centaines de mètres (pour les plus grands sanctuaires bouddhistes, chrétiens ou musulmans). Pour les montagnes sacrées, l’identification du sommet et parfois hasardeuse. La précision de géolocalisation est moindre sur des supports cartographiques tels qu’Open Street Map qui ne font que signaler par un symbole positionné de façon très approximative la présence d’un monument. Dans ce cas, il est plus prudent d’estimer que la précision géométrique est hectométrique (quelques centaines de mètres près), plutôt que décamétrique (quelques dizaines de mètres près).

 

La précision géométrique de localisation des points impacte ensuite, d'une part, celle des figures géométriques qui seront créées, d'autre part, celle des mesures qui seront effectuées (distances et angles en particulier).

Résultat de l'inventaire

 

Le résultat de ce travail de géolocalisation de plusieurs dizaines de milliers de sites se présente sous la forme de deux séries de fichiers :

  • Un fichier mondial des sites sacrés essentiels comprenant environ 1700 sites.
  • Des fichiers créés sur des secteurs précis, géolocalisant des sites de façon plus exhaustive sur des villes (Paris, Rome, Ispahan, Istamboul, etc), sur des sites touristiques (Bagan, Angkor) ou sur des territoires plus importants (Région Bretagne).