© Henri Pornon

Questions soulevées par ces figures géométriques

 

Comment peut-on expliquer de telles configurations de lieux sacrés ? Les hypothèses ne sont pas les mêmes suivant les figures identifiées, mais on peut en explorer plusieurs. Je les présente en allant des plus rationnelles aux plus contestables, ce qui ne signifie bien entendu pas que je  souscrive à toutes ces hypothèses. On ne peut ensuite faire l’économie d’une analyse des diverses hypothèses explicatives de ces « coïncidences ». Parmi les hypothèses, en allant des plus scientifiques aux plus extravagantes :

  • Le hasard. Tout scientifique normalement constitué abordant cette étude se posera  cette question : est-ce tout simplement le fait du hasard ? Quelques investigations complémentaires ont été conduites pour vérifier cette hypothèse.  Ainsi, la génération aléatoire d’un ensemble de points dans des conditions équivalentes à celles de Lyon (même surface, même nombre de points) me permet effectivement d’identifier des figures simples : triangles équilatéraux et même 2 Sceaux de Salomon. Il y a cependant une différence qualitative importante entre un Sceau de Salomon rejoignant 6 points non hiérarchisés pris au hasard, et 2 étoiles à 5 branches concentriques, centrées sur la Cathédrale Saint-Jean, centre spirituel de la Ville et associant les principales églises anciennes de la Ville.
  • La topographie des lieux : dans les villes, les figures sont souvent orientées suivant les décumanus romains. Les alignements correspondent parfois à des itinéraires.
  • La volonté délibérée d’un aménageur ou d’un ensemble d’aménageur : c’est l'hypothèse implicite des constellations d’églises romanes (mais nous n'en avons bien entendu aucune trace écrite). Cela nous conduit à nous interroger sur la capacité des hommes de l’époque à implanter correctement ces lieux dans l’espace avec les moyens d’orientation et de repérage dont ils disposaient à l’époque. C’est l’hypothèse que je retiens sur le secteur d’Angkor Wat.
  • L’alignement intuitif et spontané par leurs constructeurs, des lieux sacrés sur des points ayant une charge spirituelle particulière : c’est l’hypothèse privilégiée par les amateurs de géobiologie et certains passionnés d’ésotérisme. Elle est bien entendu invérifiable et nécessite une adhésion aux principes de la géobiologie.
  • Une organisation des lieux guidée ou instaurée par des extra-terrestres ou « supérieurs inconnus » : c’est l’hypothèse la moins défendable au plan scientifique car elle repose sur des hypothèses encore plus impossibles à vérifier.

 

Si la volonté humaine est à l'origine de ces alignements (hypothèse volontariste), cela pose des questions d'histoire et d'archéologie car il faut alors remonter à l'origine de ces sites pour vérifier à quelles époques ils ont été construits : pour prendre un exemple courant, une mosquée a été construite sur les restes d'une église elle même construite sur un sanctuaire de l'antiquité. Dans de nombreux cas, les sites concernés ont été construits ou « labellisés » comme sacrés dès l’antiquité. Savait-on s’orienter à l'époque de façon suffisamment précise pour positionner ces sites sur des alignements ou de façon à constituer des figures particulières ? Il est d'ailleurs possible que dans certains cas, des sites construits à des époques différentes soient alignés. Quels étaient les moyens des hommes pour positionner correctement les lieux sur ces alignements si cette hypothèse volontariste est plausible ? Ici, c'est l'histoire de la géodésie et de l'astronomie qui nous intéressent.

 

S'il ne s'agit pas d'une volonté humaine, il faut alors étudier d'autres hypothèses (préexistence de sites et de lignes "de forces" à la surface de la terre, lien avec les maillages proposés par les promoteurs de la géobiologie (réseaux de Hartman et autres), hasard...

 

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