© Henri Pornon

Des alignements... sacrés ?

 

Les sites web proposant des recensements de « leylines » (en particulier au Royaume-Uni) ne sont pas rares, mais ces alignements, parfois visibles sur des photographies aériennes, n’ont pas tous de lien avéré avec des sites sacrés et peuvent couvrir des distances très variables. On en trouve également aux Etats-Unis et en Amérique Centrale. Les « leylines » ou « alignements de site » sont des lignes droites joignant un ensemble de sites remarquables (vestiges historiques ou mégalithiques, châteaux et/ou constructions religieuses).

 

L'hypothèse que ces alignements de divers sites sacrés sur une droite n’est pas le fait du hasard est bien entendu vivement contestée par certains scientifiques qui classent même cette notion d'alignements dans la "pseudo science" (voir par exemple https://en.wikipedia.org/wiki/Ley_line ou https://fr.wikipedia.org/wiki/Alignement_de_sites).

 

Ces alignements sont-ils une réalité ? Sont-ils le fait du hasard ? Quelques exemples présentés dans les pages qui suivent permettent de contribuer à cette réflexion. Les 3 premiers (alignements Saint-Michel) ont été recensés par d'autres auteurs et je ne fais que les présenter, les commenter et parfois suggérer des variantes ou des modifications pour en améliorer la cohérence :

 

D'autres alignements ont été recensés et seront présentés dans le futur, après géolocalisation et vérification par l'auteur du site. Il s'agit en particulier d'un alignement d'une dizaine de mosquées situé au Caire en Egypte.

Alignements : hasard ou intention ?

 

Il convient pour commencer de signaler qu'après avoir géolocalisé environ 1700 sites sacrés sur toute la surface du globe, l'auteur de ce site a pu constater qu'il suffit de tracer une droite (ou un arc terrestre) pour trouver des sites sacrés formant un alignement. L'intérêt des alignements évoqués est donc moins le fait qu'ils relient un nombre important de sites sacrés (on y arrive de façon aléatoire), que l'homogénéité des sites concernés (des toponymes associés à l'Archange Michel, des temples majeurs de la Grèce antique...).  

 

Allons plus loin. L’identification par d’autres auteurs d’un alignement entre Borobudur et deux autres temples de Java, m’a conduit dans un premier temps à identifier d’autres alignements associant une vingtaine de temples de Java et Bali (voir la page concernée). Dans un second temps, encouragé par ces bons résultats, j’ai géolocalisé environ 80 temples bouddhistes et hindouistes supplémentaires, évoqués dans divers inventaires, ce qui m’a très rapidement permis d’identifier une quarantaine d’alignements associant au moins 3 points, parfois plus. Près de la moitié d’entre eux sont quasiment alignés, avec un azimut compris entre 100 et 110°, mais cette direction est très proche de l’orientation de l’île de Java dans laquelle sont la plupart des sites.

 

J’ai ensuite créé un fichier d’une centaine de points de façon aléatoire, sur une zone de l’océan atlantique de taille similaire et cherché à identifier des alignements. J’en ai très rapidement trouvé une douzaine et laisse au lecteur le soin d’en identifier d’autres (voir la carte interactive associée et la carte en format image en bas de cette page). Cela signifie qu’il est possible de trouver des alignements de 3 points au moins dans n’importe quel fichier géographique, généré ou non de façon aléatoire. Cela confirme que ce qui doit retenir notre attention n’est pas la possibilité de connecter plusieurs points par une même ligne (aspect quantitatif), mais la qualité des points reliés entre eux (leur homogénéité, comme dans le cas des alignements comportant une proportion importante de lieux dédiés à l’Archange Mickaël, autrement dit, Saint-Michel).

Guy

Pour un tracé, comment distinguer une réalité voulue par l'homme ou par une nature divine de constatations qui seraient le fruit du hasard ?

hpornon

C'est en effet toute la question, et il y a 3 causes identifiées dans votre question : l'homme, le divin, le hasard.
Pour l'homme, on ne peut en avoir la certitude que quand il reste une trace écrite d'une intention humaine, ce qui est rarissime. On peut cependant émettre cette hypothèse pour des figures respectant une certaine cohérence de temps et de lieu. C'est plus probable pour l'alignement indonésien de Borobudur ou les constellations d'églises françaises, que pour l'alignement Saint-Michel, qui part de l'Irlande et va jusqu'en Israël.
Pour le hasard, c'est effectivement l'hypothèse la plus probable pour ceux qui ne croient pas à une réalité autre que matérielle. On peut simuler des configurations et en effet, on constate vite qu'il est facile de trouver des alignements entre des points générés par hasard, mais dans les cas présentés, ce n'est pas l'alignement qui est significatif, c'est l'homogénéité des dédicataires (l’Archange Mickaël). Il est plus difficile de croire que le hasard permet d'associer les principales églises lyonnaises, parisiennes ou romaines dans des figures géométriques régulières.
Reste le divin, qui reste pour moi une hypothèse crédible, car de même que certains mettent en évidence la beauté et le caractère divin de la création à partir des nombres (arithmologie) ou des formes (géométrie symbolique), on peut se demander si la beauté de la création peut s'exprimer et se constater à travers ces formes de géographie sacrée constatées à la surface de la terre.
Ce débat ne sera jamais clos et justement, le but de mon site est d'y contribuer de façon ouverte et constructive, mais avec une rigueur qui manque à de nombreux ouvrages et sites qui décrivent des pseudo-correspondances et émettent des hypothèses toutes plus abracadabrantes les unes que les autres. J'essaie de mettre un peu d'ordre là-dedans.