© Henri Pornon

Le sacré et le profane

 

Plusieurs définitions du sacré conduisent à élargir cette notion au-delà de l'approche qu'en ont les religions qui ne le considèrent que comme la manifestation du divin (hiérophanie). pour Rudolph Otto ("Le sacré"), le sacré inclut toutes les réalités d’un autre ordre que les réalités « naturelles » et pour Mircea Eliade ("le sacré et le profane"), le sacré est ce qui s’oppose au profane. C'est un espace délimité réservé aux initiés et interdit aux profanes et il inclut les hiérophanies. Pour Fernand Schwarz, "L'œuvre non profane "dépasse" l'œuvre d'art proprement dite et devient "sacrée" quand elle entre en contact avec tous les plans de l'univers". Quelques citations de Mircea Eliade (le Sacré et le Profane) permettent de p réciser cette conception du sacré :

  • « Pour l'homme religieux, l'espace n'est pas homogène : il présente des ruptures, des cassures : il y a des portions d'espace qualitativement différentes des autres. »
  • « Dans l'étendue homogène et infinie, où aucun point de repère n'est possible, dans laquelle aucune orientation ne peut s'effectuer, la hiérophanie révèle un "point fixe" absolu, un "Centre". On voit donc en quelle mesure la découverte, c’est-à-dire, la révélation de l'espace sacré a une valeur existentielle pour l'homme religieux : rien ne peut commencer, se faire, sans une orientation préalable, et toute orientation implique l'acquisition d'un point fixe. »
  • « Là, dans l'enceinte sacrée, la communication avec les dieux est rendue possible : par conséquent, il doit exister une porte vers l'en-haut, par où les dieux peuvent descendre sur la terre et l'homme peut monter symboliquement au Ciel.[…] Le temple constitue à proprement parler une "ouverture" vers le haut et assure la communication avec le monde des dieux.

 

On trouvera dans les pages suivantes une présentation plus détaillée des notions de "lieu sacré" et de "géographie sacrée" et une réflexion sur les hypothèses explicatives des figures géométriques recensées.