© Henri Pornon

Identification de figures géométriques associant des sites sacrés

 

D’autres auteurs ont tenté avant moi d’identifier des figures géométriques particulières associant des sites sacrés. Dans son ouvrage "Réseaux énergétiques et conscience collective, mégalithes, cathédrales, lignes telluriques", Chris Hardy évoque une série de figures parisiennes et je me suis bien entendu empressé de géolocaliser les sites pour vérifier les faits, ce qui m’a conduit à remettre en question l’intérêt de ces figures, constatant qu’une partie non négligeable des sommets n’étaient pas des lieux spirituels (exemple : des points « à proximité de la Porte d’Asnière » ou « à proximité de la Porte de Saint-Ouen). La curiosité m’a ensuite conduit à géolocaliser de façon la plus complète possible les sites sacrés parisiens (églises, temples, synagogues et autres lieux de culte) et j'ai pu alors identifier des sceaux de Salomon basés sur des sites sacrés et ayant également, pour certains d’entre eux, un site sacré pour centre. Je les présente plus loin (page "Paris").

 

J’ai ensuite entrepris de géolocaliser des sites sacrés dans un certain nombre d'autres villes présentant un intérêt historique et appartenant à des traditions spirituelles diverses pour voir s’il était possible d’identifier des figures similaires. J’ai donc privilégié des villes ou des territoires ayant une histoire ancienne, constituant des pôles culturels ou spirituels, sur des continents divers et rattachés à divers courants religieux ou spirituels. Voici la liste des investigations réalisées, en cours ou à réaliser.

  • Asie : Trois villes d’Asie sont des anciennes capitales, et sont connues pour leur riche patrimoine architectural et se rattachent aux traditions bouddhistes et hindouistes : je présente pour l'instant les résultats des investigations réalisées à Angkor (Cambodge), ancienne capitale de l’empire Khmer, Bagan, dont le royaume entre le Xème et le XIIIème siècle a été la préfiguration de la Birmanie actuelle, et Chiang Mai, également ancienne capitale de Thaïlande. Des investigations sont en cours à Katmandou (Népal), mais doivent être confirmées par une visite sur le terrain. Des résultats significatifs ont été obtenus à Angkor et Bagan, et nous espérons pouvoir confirmer, lors de prochaines visites à Chiang Mai et Katmandou, les observations effectuées. Les investigations conduites à Chiang Mai m'ont permis de vérifier la constellation de la Grande Ourse, mais également d’identifier d’autres figures. D'autres investigations sont en cours à Luang Prabang (Laos). Je prévois également d’en réaliser ultérieurement à Bénarès (Inde).
  • 3 villes importantes pour l’Islam ont été étudiées : Fez (Maroc), Ispahan (Iran), et Istambul (Turquie). Des résultats intéressants ont été obtenus à Istamboul et Ispahan, mais les investigations dans ces deux villes devraient encore être confirmées par une visite sur le terrain. Elles n’ont donné aucun résultat à Fez. Je prévois d’en réaliser au Caire (Egypte) dans le futur.
  • Jérusalem, ville sainte pour les 3 religions du livre (Judaïsme, religion chrétienne et Islam), a également été étudiée, mais à ma grande surprise, dans un premier temps, je n’ai obtenu aucun résultat significatif dans cette ville. Après avoir constaté qu'il restait de nombreux lieux sacrés à géolocaliser, je prévois de reprendre ces investigations pour confirmer ou infirmer l’absence de résultats.
  • Enfin, en Europe, je me suis intéressé à Lyon et Paris en France, Athènes en Grèce, et Rome en Italie : dans ces quatre villes, des résultats intéressants ont été obtenus (ils restent à confirmer par une visite sur le terrain à Athènes et seront publiés après vérification pour Rome). Des investigations réalisées à Strasbourg, Cologne (Allemagne), et Saint-Pétersbourg en Russie n'ont pas donné de résultats significatifs, mais à Saint-Petersbourg, comme à Jérusalem, il reste de nombreux sites à géolocaliser et je prévois de reprendre plus tard les investigations sur cette ville.
  • J'ai enfin effectué un gros travail de géolocalisation de plus de 3000 points (mégalithes, chapelles, églises, monastères, etc) au niveau de la Région Bretagne (France), mais l'exploitation de ce très gros volume de données reste à faire.

 

Les Amériques, l’Afrique et l’Océanie ne sont pas représentées dans cet échantillon. Il y aurait probablement de belles investigations à conduire sur les lieux des anciennes civilisations incas et mayas en Amérique du Sud et peut-être dans les deux autres continents. A voir dans le futur.

Cadre symbolique de ces investigations

 

En attendant de publier une page présentant les divers symboles géométriques que l’homme associe au sacré, je me contenterai d'évoquer ici la liste des figures identifiées sur les divers territoires étudiés :

  • les étoiles, à 5 6 8 10 ou 12 branches sont les plus représentées (je n'ai pas trouvé d'étoiles à 7, 9 ou 11 branches, mais celles-ci sont particulièrement difficiles à détecter). Elles ont le double intérêt de s'inscrire dans un cercle (associé symboliquement au principe divin) et de faire référence à des nombres remarquables. Les polygones associés à ces étoiles sont également intéressants (pentagone, hexagone, octogone, décagone, dodécagone), mais les uns ne vont pas sans les autres. On remarquera que l’étoile à 8 branche peut se décomposer en 2 carrés concentriques et que les sommets de l’hexagone ou de l’étoile à 6 branches sont également ceux du Sceau de Salomon / Etoile de David dont je donne un exemple plus bas, et qui associe 2 triangles équilatéraux concentriques.
  • Les deux principes masculin / féminin sont associés dans L’étoile de David, également appelée « bouclier de David » formée à partir de 2 triangles équilatéraux concentriques. Le Sceau de Salomon, étoile de David dont on marque le centre, est un symbole de sagesse humaine, et est une figure appréciée des alchimistes et spécialistes de l’hermétisme, car, comme nous l’avons déjà signalé, il associe deux principes contraires, l’eau et le feu, le féminin et le masculin. C’est l’équivalent du Yantra hindou.
  • Deux autres figures ont été identifiées : losanges mystiques (2 triangles équilatéraux partageant la même base) et représentation de la Divine Tétractys de Pythagore (voir également les exemples infra).
  • le losange mystique
  • Du fait de sa ressemblance avec la vulve, le losange est un symbole de féminité, donc associé à la matrice de la vie. « Par extension, il signifie aussi la porte des mondes souterrains, le passage initiatique dans le ventre du monde, l’entrée dans la résidence des forces chtoniennes » ("Dictionnaire des symboles"). La juxtaposition des deux triangles isocèles ou équilatéraux, l’un tourné vers le haut, le ciel ou le monde supérieur, l’autre tourné vers le bas, la terre ou le monde inférieur traduit l’association et les échanges entre ces deux mondes. C’est donc aussi un symbole du passage. Le « losange mystique », composé de 2 triangles équilatéraux juxtaposés est utilisé pour construire la mandorle, association de deux arcs de cercles dans lesquels on trouvera souvent représenté le personnage du Christ sur les tympans ou dans les peintures murales romanes. Il est associé au christianisme.

  • La Divine Tétracktys, symbole pythagoricien, est une représentation de la somme des 4 premiers entiers naturels (1 + 2 + 3 + 4 = 10), dont les propriétés symboliques sont multiples. Elle est le plus souvent représentée  par une série de points formant des triangles adjacents (1 + 2 + 3 + 4), comme dans notre figure. Pierre TROSSUZ ("La Basilique de Vézelay : architecture sacrée et nombre d'or") nous détaille son symbolisme très riche : « Dans le Décalogue, le nombre 10 était considéré comme le nombre parfait. Il était celui de la Tétratkys, c’est-à-dire la somme des quatre premiers nombres : 1 + 2 + 3 + 4 = 10. 10 symbolisait ainsi la totalité, l'achèvement, celui du retour à l'unité après le cycle des neuf premiers nombres. L'ensemble de la Tétratkys, représenté sous forme d'un triangle conçu selon quatre étapes de 4 3 2 et 1 point, était à la base de cet enseignement. Le 2 était le dédoublement, la manifestation de sa dyade, le + et le -, qu'on a appelé ensuite loi de la dualité et associée au principe féminin, à la lune). Le 3 correspondait aux 3 niveaux du monde manifesté, aux trois niveaux de la Création : le ciel, la terre et le monde souterrain, le ciel étant habité par les dieux immortels, la terre par le monde du vivant, le souterrain par le monde des morts. Le 4 symbolisait les repères dans l'espace et le temps, les piliers de la création, les quatre éléments qui la constituent, les quatre points cardinaux, le cycle des quatre saisons. » Jacques Thomas ("La Divine Proportion et l'art de la géométrie : études de symbolique chrétienne") évoque également la relation entre la Tétraktys et la géométrie. « On a déjà vu comment la Tétraktys "enveloppe" toute la Géométrie : les nombres constitutifs (1, 2, 3, 4) de la Tétraktys peuvent être mis en correspondance avec les nombres de points permettant de définir les étendues respectivement "sans dimension" (1 point), à "1 dimension" (la droite, définie par l'étendue entre 2 points), à "2 dimensions" (le Plan, défini par 3 points non alignés) et "à 3 dimensions" (le Volume, défini par 4 points non coplanaires). Ces mêmes nombres peuvent également servir à caractériser des figures géométriques planes, et alors, les nombres 3 et 4 correspondent au Triangle et au Carré. »